RTBF : les archives seront sauvées

Technologies Le ministre Marcourt veut numériser le patrimoine audiovisuel

Des milliers d’heures d’archives de la RTBF sont menacées. La Région wallonne pourrait les numériser.

Il ne vous reste qu’une seule valise ! » L’émotion des candidats à Visa pour le monde, physiquement perceptible à travers le noir et blanc du petit écran renaîtra-t-elle bientôt via le web, avec des dizaines de milliers d’autres heures d’archives de la RTBF ? On peut raisonnablement l’espérer. Il se confirme en effet qu’un accord politique existe au sein du gouvernement wallon pour dégager des moyens financiers considérables pour sauver le patrimoine audiovisuel accumulé au fil des décennies par la chaîne publique.

Il y a quelques mois, de son côté, le gouvernement de la Communauté française avait lancé son « Peps » (plan de préservation et d’exploitation des patrimoines), dégageant une enveloppe de 400.000 euros pour la RTBF. Une partie de cette somme a permis de réaliser le site monexpo58.be, répétition générale de ce que pourrait être à l’avenir le site web d’archives de l’entreprise publique : des documents bruts, mis en ligne tels qu’ils avaient été diffusés à l’époque.

« Cette aide de la Communauté française était absolument indispensable pour lancer le processus de numérisation, note un proche du dossier, mais elle est nettement insuffisante face à l’ampleur des archives à traiter ». D’où la décision de la direction de la RTBF d’introduire un dossier ambitieux auprès du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS).

Selon nos informations, le montage qui tient la corde serait le suivant : une société dans laquelle seraient injectés des capitaux publics serait créée à Liège, dans le nouveau complexe de la Médiacité, là où la RTBF prévoit sa nouvelle implantation. Le financement wallon transiterait par l’Inwa, un fond d’investissement public dans le domaine du numérique, créé en 2006 par la Région wallonne. Les opérations techniques seraient sous-traitées à des sociétés telle la firme liégeoise Hoverlord, spécialisée dans le traitement de données numérique audiovisuelles.

La RTBF fournirait à cette entreprise ses précieuses pellicules d’archives. En retour, elle disposerait du droit de les utiliser gratuitement, notamment sur son futur site web d’archives, en construction aujourd’hui et qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. En revanche, la société chargée de la numérisation pourrait valoriser les archives auprès de tiers, pour couvrir une partie de ses frais. La RTBF n’a pas souhaité commenter nos informations, dans ce dossier complexe qui doit encore être présenté à son conseil d’administration.

Un patrimoine en péril

Contacté par Le Soir, Jean-Claude Marcourt a confirmé l’existence d’un accord politique pour lancer ce projet wallon de sauvegarde des archives. « On peut parler d’une alliance entre l’économique et le culturel, précise le ministre Marcourt. Il ne s’agit nullement d’une régionalisation de l’outil audiovisuel mais avant tout d’un indispensable plan de sauvegarde du patrimoine de la RTBF qui est aussi notre histoire ».

Reste à présent pour son cabinet à construire le délicat montage juridique et financier qui pourrait officiellement être dévoilé par le gouvernement wallon dans les prochains mois. Du côté de la RTBF, on croise les doigts car le temps presse, alors que des milliers d’heures d’archives sont menacées à court terme par un inquiétant processus de dégradation chimique.

JENNOTTE,ALAIN
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