posté le 1 juin 2010 |
catégorie CHRONIQUES
Les Anglais de Kasabian, auteurs avec «West Ryder Pauper Lunatic Asylum» d’un des meilleurs albums de 2009, ont littéralement explosé l’Ancienne Belgique hier soir. Ils vont devenir énormes.
Dans la tradition des groupes anglais à grande gueule prêts à en découdre avec l’univers, les Kasabian font office de relève. Si les deux premiers albums («Kasabian» en 2004 et «Empire» en 2006, dans une veine dance-rock à la Primal Scream) avaient déjà bien chauffé le bitume, le quatuor de Leicester est passé à la vitesse supérieure avec leur troisième livraison «West Ryder Pauper Lunatic Asylum» parue il y a tout juste un an, en ajoutant à la formule une couche de psychédélisme noir tout en convoquant les Kinks pour la route. Une belle réussite. Restait à voir comment tout cela se concrétisait sur scène. On a vu et ils ont vaincu.
Etape 1: La charge
Dès le départ, on comprend que les Kasabian viennent pour conquérir. La ville, l’Europe, le monde. Bruxelles va bruler. Si il faut trois morceaux pour que le son se mette en place, dès le quatrième «Where Did All The Love Go?», il devient énorme et ne fera que monter en puissance tout le long du concert. Tout est fait pour: le quatuor se déploie en effet à six sur scène. Mais le groupe est clairement emmené par ses deux leaders, Sergio Pizzorno (bandana, guitare, chant, songwriting, la frime tranquille) et Tom Meighan (lunettes noires, chant, bête de scène, morgue toute anglaise et accent impossible).
Etape 2: La stratégie
Loin de se contenter d’enchaîner les tubes, Kasabian prennent le temps d’installer des ambiances. En fait, le concert fonctionne par tranches de quinze-vingt minutes, comme dans une boîte. Un premier quart d’heure rock, un deuxième franchement électro, puis on part vers des sons plus ambient et baggy. Le groupe colle à son époque et c’est en partie ce qui fait sa force. Les titres du deuxième album bastonnent comme du Chemical et déchirent la tête comme du Can. Tom Meighan ne cesse de chauffer la foule à coup de «C’mon, Brussels!» et le public de l’AB répond au quart de tour.
Etape 3: La mise à mort
Quand arrive ‘Take Aim’, perle du dernier album chantée par Pizzorno, le son se fait franchement ample. Des espaces s’ouvrent dans nos têtes. Le titre commence comme du Ennio Morricone et se poursuit à la guitare sèche comme des Kinks psychédéliques du troisième millénaire. Une merveille. Pas de doute, l’écriture s’est bonifiée sur ce troisième LP. Le groupe enchaîne un deuxième coup mortel avec ‘Empire’ et son riff de basse qui attaque comme un panzer allemand avant un monstrueux ‘Club Foot’, tube du premier album hyper efficace. Ici le son est gigantesque. Indescriptible. Fin du premier acte.
Etape 4: La terre conquise
En rappel, les Anglais balancent les derniers tubes qu’ils ont en stock: ‘Fire‘ et ‘Vlad The Impaler’ du dernier album et le très Happy Mondays ‘LSF’ issu du premier. Mais la messe est dite. La victoire est sans appel. Les Kasabian ont pris possession d’un nouveau territoire. Et ce n’est certainement pas le dernier tant on a du mal à considérer après un tel concert ce qui pourrait les empêcher de conquérir la planète. Tom Meighan a un jour définit la musique de son groupe comme «du rock du 21ème siècle». On y est. C’est maintenant.
Didier Zacharie
Reason is treason en vidéo






Le programme des Nuits du Soir 2010
3ème album, 3ème fois que je les vois.
Tout simplement excellent Kasabian.
Lu et approuvé!
Juste un petit regret de ne pas avoir nous glisser plus devant… à 10 m sur le côté gauche le public était trop calme!
Et n’oublions pas les dédicaces de Tom aux récents disparus…
très bon article, je confirme.
Toujours sous le charme, au premier rang on en prend plein les yeux, les oreilles, plein photos de faites et plusieurs avec Tom et Chris à la sortie
bref excellent, dynamique, génial…
The Sore Losers en première partie, excellent aussi
Je confirme tout bon concert. Kasabian est sans doute le meilleur groupe anglais made in NME et qui peut se targuer de reprendre la relève des Oasis et consorts. Déçu de l’acalmie durant l’excellent Vlad The Impaler, morceau sans doute trop original pour nos jeunes chevelus guindés bruxellois peuplant le devant de la fosse…
alors ? c’etait comment slade a l’AB hier soir ?
Excellent ce groupe !
Super bon concert.
Kasabian groupe habitué aux stades en UK et se retrouve dans une AB surchauffée. Un des grands moments de cette fin de saison
@ Thandor : j’étais tout devant j’ai 41 ans , j’ai dansé du début à la fin, les jeunes aussi !!!, même sur Vlad, et oui je suis chevelue et bruxelloise, les amis avec lesquels j’étais ont entre 39 et 42 ans… et 19 ans…