Balo déclaré coupable de meurtre
posté le 29 janvier 2010 |
catégorie Affaire Claudio Balo
Vendredi en début de soirée, la cour d’assises de Bruxelles a déclaré coupable Claudio Balo du meurtre de Gil Mbossa : un jeune Congolais qu’il avait battu avec une sauvagerie inouïe, le soir du 17 janvier 2008, dans le décor sordide d’un squat qu’ils partageaient avec Lilia Gryko, également poursuivie devant les assises pour non-assistance à personne en danger et recel de cadavre.
Dans les motivations de son verdict, le jury a estimé que Balo avait irréfutablement voulu tuer Gil Mbossa - la défense avait plaidé les coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner : « Lorsqu’on met en oeuvre des moyens qui ne peuvent que donner la mort, a estimé le jury, on ne peut contester l’intention homicide ».
Pour rappel, Claudio Balo avait porté au moins 55 coups à la victime, tous localisés sur le visage et la tête. L’accusé, dans sa folie meurtrière, s’était tout à tour servi d’un barreau d’escalier prolongé par un clou, d’un madrier, d’une paire de ciseaux et d’« une grosse pierre blanche ».
Le jury a pareillement rejeté l’excuse de la provocation qu’avait suggérée la défense : « Les invectives, voire la gifle, que Gil Mbossa a vraisemblablement adressées à l’accusé ne constituent en aucun cas des violences graves au sens de l’article 411 du Code pénal ».
Le jury a par ailleurs déclaré Lilia Gryko coupable de non-assistance à personne en danger : de retour au squat, juste après le drame, elle s’était abstenue d’appeler les secours alors qu’elle ne pouvait ignorer que Gil Mbossa se trouvait dans un état critique. Lilia Gryko a, en revanche, été acquittée de la prévention de recel de cadavre : « En aidant Claudio Balo a déposer le corps dans un endroit où il était visible, elle en a au contraire facilité la découverte. »
L’avocat général Jean-François Godbille s’est déclaré « soulagé » par ce verdict. Il a requis une peine de 20 ans de réclusion - le minimum légal - contre Claudio Balo. Et une peine d’un an d’emprisonnement, assorti d’un sursis pour ce qui excéderait la durée de la détention préventive, contre Lilia Gryko. A l’heure de boucler l’édition, la cour n’avait toujours pas rendu son arrêt.
A noter que cette ultime journée d’audience a fait l’objet d’une sécurité renforcée, certains jurés ayant été, la veille, directement menacés par des proches de la victime.
DETAILLE,STEPHANE
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