5 rivières traversées pour une alerte à la rougeole

photo-blog-puc-26-07-10.JPGL’Equipe Mobile d’Intervention (EMI) du PUC est revenue d’une mission d’évaluation à Monkoto, localité située à environ 230 km de route au sud de Boende, dans la province de l’Equateur. Cette évaluation a duré 9 jours et a donné lieu à une véritable expédition: l’équipe a dû traverser pas moins de cinq rivières avec les motos et le matériel avant d’atteindre la zone à évaluer. Une mission qui faisait suite à une suspicion de rougeole émise par la zone de santé de Monkoto.

Arrivée sur place, l’EMI a constaté qu’il y avait plus de peur que de mal. Certaines structures médicales ont enregistré des cas avérés de rougeole, mais dans l’ensemble, l’impact est très bas voire nul. Selon le docteur Papys Lame, responsable médical de l’évaluation, ce problème d’interprétation des données serait dû entre autres au niveau très bas du personnel médical local…

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Kinkondja, saison 2

Après 2006, c’est la deuxième fois que je participe à une expédition du PUC à Kinkondja, au nord de la province du Katanga, à 850 km de Lubumbashi. C’est encore pour la même raison : suspicion d’épidémie de choléra. En effet, début mai, nous avons été alertés par 67 cas dont 6 décès dans cette zone.

Cette mission d’évaluation se justifie notamment à cause du risque d’expansion de l’épidémie dans toute la zone, l’absence de matériel de prélèvement pour la confirmation biologique sur place, ainsi que par l’absence d’autres acteurs de prise en charge. Je suis le coordinateur d’une équipe de quatre personnes : un infirmier, un logisticien et deux chauffeurs.

L’intervention dans une zone lacustre comme Kinkondja n’est pas toujours facile. Cette localité est composée d’îlots. Et cette configuration territoriale nécessite l’intervention de plusieurs moyens de locomotion : hors-bords, pirogues, véhicules, etc. En plus, il est très difficile de faire une évacuation d’urgence pour des cas compliqués. L’expérience acquise en 2006 sera importante pour la réussite de cette mission d’évaluation. Nous sommes en route en pleine brousse. Le trajet est long. Mais tous, nous sommes motivés.

Nous sommes arrivés. La population locale nous a accueillis avec enthousiasme. J’imagine déjà la responsabilité qui est la nôtre. Vite, nous faisons un tour de reconnaissance. Les traces de notre présence sont encore visibles. Certaines structures que nous avions mises en place, voilà quatre ans, existent encore mais dans un état de délabrement avancé. Comme en 2006, il n’y a pas d’autre partenaire humanitaire pour la prise en charge globale de l’épidémie. Les structures sanitaires locales ne sont pas soutenues dans leurs efforts. C’est justement là la pertinence de notre présence ici. L’heure du travail est arrivée. Nous parcourons tous les centres. Nous nous rendons compte de l’ampleur de l’épidémie. Les grosses tendances sont dégagées. Au total, le taux de létalité est estimé à 5%. L’analyse situationnelle démontre que la zone de santé est en mesure de répondre à cette épidémie, mais elle manque de matériel. Nous avons donc décidé d’appuyer les structures locales en kit choléra et pathologies associées. Nous avons également organisé des sessions de remise à niveau du personnel médical sur la prise en charge globale du choléra.

Sur le plan logistique, et sous la conduite de Jean, notre logisticien, nous avons réhabilité des centres de traitement du choléra (CTC). A l’hôpital général de référence de Kikondja, l’équipe a assuré les travaux de clôture du CTC afin d’éviter l’expansion de l’épidémie. Nous avons aussi fait une donation en matériel de protection. Je me rappelle également du CTC de Mangi. A notre arrivée, il n’était pas isolé. Nous avons notamment réhabilité la toiture et créé une zone à déchets.

Globalement, je pouvais lire l’espoir dans le regard des gens. Personnellement, je suis également satisfait. A notre arrivée ici, nous avons trouvé 16 cas et 2 décès. La plupart de personnes infectées n’osaient pas se rendre à l’hôpital. Ils savaient qu’il n’y avait pas de médicament. Grâce au travail de promotion de santé que nous avons réalisé, la semaine qui a suivi notre arrivée a été marquée par un afflux de patient. Nous sommes passés de 16 à 38 cas. Au fil des semaines, nous sommes passés à 52 cas. Avant notre départ, seuls 4 cas étaient en observation. Nous quittons donc Kinkondja avec un sentiment de devoir accompli…

Jean Kabuika, infirmier PUC, juin 2010.

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Premiers pas au PUC

Bonjour à tous, 

C’est Gilles, du Pool d’Urgence Congo (PUC). Voilà un peu plus d’une semaine que je suis arrivé en RDC pour reprendre le poste de Logisticien PUC National et je dois dire que les derniers jours n’ont pas manqué de piment… 

Entre les briefings à la coordination mission, la passation avec mon prédécesseur, la découverte d’une nouvelle équipe et les rapports d’alerte, les missions d’évaluation et les interventions en cours ou en devenir, nous n’avons pas eu le temps de chômer. Pour ceux qui ne le savent pas, le poste de Log PUC National consiste en l’appui logistique des différentes antennes (Lubumbashi, Kisangani, Mbandaka et Kinshasa, qui se partagent la veille épidémiologique du Congo et qui effectuent des missions d’évaluation) ainsi que de l’Elément Mobile d’Intervention (qui s’occupe des interventions proprement dites). L’équipe sur place est très expérimentée et c’est un véritable plaisir de pouvoir débuter cette mission avec du personnel professionnel. 

Je dois vous quitter, car entre l’ouverture d’un projet PUC en Province Orientale (soins de santé primaire et volet nutritionnel), la fermeture d’un autre projet dans cette même province (diarrhée sanglante), ainsi que deux missions d’évaluation dans la province de l’Equateur (rougeole et maladie inconnue) et plusieurs alertes choléra au Katanga, les journées risquent d’être longues… On essaie de se voir bientôt, et pourquoi pas partager quelques photos de toutes ces activités en cours…. 

Bien le bonjour chez vous, 

Gilles

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PUC : comme la reine Elisabeth au Paris-Dakar

blog-puc-route.JPGLoin des lumières de Kinshasa et de Lubumbashi, nous sommes à Bendera, près du très poissonneux lac Tanganyika, au nord du Katanga. Nous ne sommes que des hommes, pas pour pêcher, mais pour assister environ 13.000 personnes éparpillées dans plusieurs villages. Ces gens ont fui des conflits entre deux groupes armés au Sud Kivu. Ils n’ont rien. Ils ont besoin de nourriture, d’abris et bien entendu de soins de santé. C’est là où nous intervenons. Concrètement, nous appuyons certains centres de santé du secteur. Mais comme on peut l’imaginer, ces structures sanitaires bien qu’existantes sont confrontées notamment aux sérieuses difficultés d’approvisionnement en médicaments et à l’obsolescence du matériel médical.

Avec Jean Kabwika, un infirmier expérimenté de l’antenne PUC de Lubumbashi, je fais partie de l’équipe « clinique mobile ». Deux infirmiers supplémentaires, des secouristes, des chauffeurs moto ont également été engagés à cet effet.

Ce matin, dès 7h, tout est prêt. Les trois motos ronronnent déjà et le matériel est installé sur les porte-bagages. C’est parti pour 30 à 60 minutes de course. Comme au Paris-Dakar, aucun détail n’est oublié : bosses, trous, boue, sable…sont au rendez-vous. Comme pour nous récompenser, voilà un beau soleil qui se lève derrière la haute chaine des montagnes de 2500 m, qui nous sépare du Sud-Kivu, d’où proviennent les milliers de personnes réfugiées ici.

Naturellement, quand on passe par des villages on est les stars de la route, et surtout moi : « Muzungu ! Muzungu !(homme blanc, en Swahili)». Pour les gamins, c’est la fête ! Et moi je me sens comme la reine d’Angleterre qui fait un Paris-Dakar, en saluant les villageois sur toute la route. On voit que les gens sont très reconnaissants. Parce qu’on est les seuls qui arrivent dans ces villages éloignés, où la route est difficile. Le grand problème demeure l’état de la route depuis Kalemie, ville portuaire sur le lac Tanganyika et dotée d’un aéroport, d’où arrivent tous les approvisionnements, à 120 km. Cette route constitue un vrai chemin de croix. Nos véhicules n’ont pas échappé à ce piège : trois de nos quatre 4×4 ont déjà été embourbés et deux moteurs sont morts.

Ici, nombre de déplacés sont aidés par des familles d’accueil. La population locale est hospitalière, mais bien pauvre. C’est difficile. Les premiers jours, c’était la folie. Il y avait une foule de gens qui voulaient se faire consulter. On était débordé. On a pu consulter environ 175 personnes. Ce sont surtout des consultations screening : rapidement, on sélectionne les patients gravement malades (crises de paludisme graves, infections des voies respiratoires aigues, anémie sévère, autres maladies infectieuses, malnutrition grave). Priorité aux personnes qui nécessitent un traitement rapide et éventuellement une hospitalisation. D’autres patients, se plaignant de maux moins urgents, étaient également soignés. On leur donnait rapidement des antidouleurs, des antiacide ou des pommades et on passait au patient suivant.

Heureusement, les semaines suivantes le nombre de patients a diminué. On a décidé de limiter le nombre à 100 par jour. Au-delà, la qualité de soins risque d’être menacée. Bref, on ne chôme pas. Inutile de vous dire que j’étais bien crevé les premiers jours.

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Delphine Giersé en Haïti: une nouvelle chambre

Très enthousiaste sur mon changement de chambre, j’avais mentionné les grands avantages du lieu en omettant expressément ses inconvénients. Ca fait maintenant deux semaines que j’y suis. Le rez-de-chaussée, c’est bien en cas de séisme et pour la fraîcheur. Par contre, la piscine en construction avec les eaux croupissantes juste devant ma porte me procure des armées de petits compagnons porteurs de malaria et de Dengue à toute heure du jour et de la nuit. J’ai craqué sur la bouteille de baygon la semaine dernière. En faisant une estimation du nombre de mort par carrelage, il devait y avoir une moyenne de 280 moustiques dans mes 12 m² de chambre. Vive la tente ! A ce sujet, ils nous ont commandé des lits. Je ne sais pas si je les verrai avant mon départ. Vu la rapidité des délais de livraison ici, il y a peu de chances.

L’autre inconvénient brillant c’est que je suis juste à deux pas du mur d’enceinte et qu’en cas d’invasion, je suis la première qu’on attrapera. Cette belle pensée m’a fait dormir porte fermée pendant la première semaine. A la limite de la suffocation, j’ai été évaluer la hauteur et l’accès via le terrain derrière. Je dois avouer qu’il faudrait déjà une bonne échelle et une solide combinaison anti-barbelé pour tenter l’aventure. Je me suis finalement résignée et je dors maintenant porte ouverte une nuit sur deux (comme si ça allait changer quelque chose, en espérant que si ça arrive un jour, ce sera la nuit « porte fermée »). Ma nouvelle chambre me convient donc très bien car la perfection… n’existe pas !

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Les “Bombers” remportent le tournoi HalfTime! avec panache

bombers.JPGImaginez que les joueurs de l’équipe gagnante de la Coupe du Monde se soient rencontrés pour la première fois cinq jours avant le match décisif, qu’ils se soient entraînés et aient finalement remporté le titre au terme d’un parcours super convaincant… Pure fiction, n’est-ce pas ?
Et pourtant, MSF vous l’avait promis : l’initiative HalfTime! vous proposait une alternative à la Coupe du Monde de football 2010. Et, au final, on a eu exactement ce que l’on espérait : un véritable succès !
HalfTime! a réuni à Johannesburg six équipes de joueurs séropositifs issus des quatre coins de l’Afrique australe, tandis que des matchs similaires se déroulaient un peu partout dans le monde. Cette initiative avait pour but de tirer la sonnette d’alarme face à la diminution de l’aide financière pour les traitements anti-rétroviraux, une diminution qui met des millions de vies en danger, au moment où plusieurs bailleurs de fonds se rétractent et rompent leurs engagements financiers.
Contrairement aux autres équipes du tournoi, l’équipe des « OI Bombers » (Opportunistic Infection* Bombers) n’a été réunie pour la première fois au complet que quelques jours avant le départ pour Johannesburg, à Harare au Zimbabwe. À l’entame du tournoi, tout le monde les donnait donc perdants.
Non seulement les Bombers devaient surmonter le fait qu’ils venaient de deux villes différentes distantes de 500 km – Bulawayo et Buhera, où MSF dirige des projets de traitement du VIH/SIDA –, mais ils étaient en outre séparés par la langue. Trois membres de l’équipe parlent en effet le Shona, tandis que les trois autres s’expriment en Nbedele. Malgré ces obstacles, l’équipe s’est rapidement soudée autour d’un objectif commun : rappeler au monde que la crise du VIH n’est pas terminée et que les bailleurs de fonds internationaux doivent continuer à s’engager dans le match que nous livrons contre le VIH et le SIDA.
« On n’arrête pas de me demander ce que je ressens en tant qu’entraîneur de cette équipe et si nous comptons remporter le moindre match. Je leur réponds que je prends en tout cas ce tournoi très au sérieux et que, bien sûr, nous comptons ‘gagner’. Mais ‘gagner’, c’est avant tout faire de son mieux, et c’est ce que nous allons faire », nous a confié Munyaradzi Dodho.

Pour ne pas dire adieu à la vie

La veille du tournoi, les Bombers ont dit aux autres équipes : « on va vous ‘exploser’ sur le terrain, tout comme les ARV explosent les infections opportunistes telles que la tuberculose. »
Le vendredi 2 juillet, lorsqu’ils sont montés sur le terrain pour se mesurer aux cinq autres équipes d’Afrique du Sud, du Mozambique, du Swaziland et du Zimbabwe, ils ont effectivement montré de quoi ils étaient capables !
Ils ont d’abord vaincu les « Manbinhas » du Mozambique sur un score de 2-0. Lors du match suivant, ils ont littéralement écrasé l’équipe sud-africaine « Siyaphila » par un cinglant 8-0, concrétisant ainsi leurs promesses.
Partis de zéro, les Bombers étaient maintenant des héros, devenant du même coup l’équipe à battre, plus encore que celle des « ARV Swallows », l’autre équipe zimbabwéenne pourtant désignée comme favorite au début du tournoi. Une fois qualifiés pour la finale, où ils auraient à en découdre avec les redoutables « Fluconazole Pirates » sud-africains, les Bombers avaient définitivement assis leur réputation : ils ne feraient pas de la figuration !
Finalement, les Bombers ont donc remporté cette finale, 2 buts à 1, devenant du même coup l’équipe ayant inscrit le plus grand nombre de buts (12), et montrant surtout au monde et aux bailleurs de fonds internationaux que la mi-temps, ce n’est PAS LE MOMENT D’ABANDONNER !
« Si le financement s’interrompt, je peux dire adieu à la vie. Ces bailleurs de fonds internationaux ne doivent pas se désengager et doivent continuer à nous soutenir. Et même les gouvernements africains devraient contribuer à la hauteur de leurs moyens, de façon à permettre à ces donateurs extérieurs de faire davantage et de poursuivre leurs efforts de financement », a déclaré Cloud Mapiti, défenseur de l’équipe OI Bombers.


Maureen Mazibisa, membre de l’équipe OI Bombers, et Borrie La Grange, Directeur de la communication, MSF Afrique du Sud.

* Les infections opportunistes comme la tuberculose sont l’ennemi le plus dangereux pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les médicaments anti-rétroviraux permettent de combattre ces infections en renforçant la capacité de réaction des systèmes immunitaires affaiblis

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Football vs VIH/SIDA: échos d’une rencontre improbable à Bulawayo

half-time-post-10.JPGLa Coupe du Monde de football 2010 est entrée dans sa phase finale et la fièvre qui s’est emparée de l’Afrique australe est toujours palpable, même au Zimbabwe, où je travaille comme infirmière pour un projet MSF de traitement du VIH/SIDA, au nord du pays hôte de la Coupe du Monde. L’enthousiasme pour cet événement est toujours présent et n’a pas faibli, malgré la déception causée par l’élimination des « Étoiles Noires » du Ghana.

Comme c’était la première fois que j’écrivais un blog, je me suis inévitablement demandé par quoi j’allais commencer. Mais après une discussion avec notre équipe mobile et le département information, éducation et communication (IEC), j’ai pris mon bâton de pèlerin pour aller interroger nos patients à propos des liens éventuels qu’ils perçoivent entre le VIH et le football. Il faut savoir par ailleurs que l’un des nombreux projets de l’IEC mis en œuvre par MSF à Bulawayo consiste à soutenir les activités récréatives mensuelles organisées par les groupes d’entraide de séropositifs.

Il y a au total 145 groupes d’entraide à Bulawayo, qui se réunissent chaque semaine. Et, une fois par mois, tous les districts (qui regroupent chacun dix de ces groupes), se réunissent pour jouer au football et au netball. MSF fournit le support logistique et matériel, ce qui comprend les ballons de football, les boissons, le transport et une trousse de secours. Nous soutenons également un programme de responsabilisation destiné à des personnes relais au sein des groupes d’entraide.

La semaine dernière, je suis donc partie à la rencontre de toutes ces personnes afin de savoir ce qu’elles pensaient du VIH, du football et de la Coupe du Monde.

Voici ce qu’ils m’ont dit :

Shedias, responsable d’un groupe d’entraide :
Shedias a suivi un traitement contre la tuberculose en 2002 et a découvert ainsi sa séropositivité.
Shedias : « Être séropositif, c’est comme un match de foot : soit on perd, soit on gagne. Moi, je suis un battant.  En travaillant en équipe et en ayant une attitude positive par rapport à la vie, on peut ‘battre’ le VIH. Un des joueurs clés, c’est le gardien de but : c’est lui qui empêche le VIH de marquer des buts ! Le football, c’est aussi un jeu de rapidité. Ça bouge vite, comme le VIH, mais en jouant au football, nous pouvons aussi contribuer à la diffusion de messages importants concernant le VIH, en établissant des contacts et en partageant notre expérience ».

Junior, responsable d’un groupe d’entraide :
Junior a su qu’il était séropositif en 2006. Il a alors créé le groupe d’entraide « Victory », qui compte aujourd’hui 59 membres. Ils fabriquent des bougies, produisent du beurre de cacahuètes et ont tous un potager. L’argent issu de la vente de ces produits les aide à payer les frais de scolarité des enfants, ainsi que les médicaments destinés à traiter les infections opportunistes (ces médicaments ne sont pas toujours disponibles et ils doivent les acheter dans des pharmacies privées).
Junior : « Les médicaments anti-rétroviraux (ARV) sont comme les défenseurs d’une équipe de football. Ils empêchent les réinfections et nous aident à mener une vie sans trop de stress  ».

Dick, membre d’un groupe d’entraide :
Dick a découvert sa séropositivité en 2009 et a commencé un traitement ARV en janvier 2010. Il est entraîneur de football de niveau 3 depuis 12 ans, et a contribué à la constitution d’une équipe qui a atteint le niveau national. Lorsqu’il est tombé malade, il a commencé à se retirer du football. Il a récemment fait part publiquement de sa séropositivité, ce qui l’a aidé à bien suivre son traitement ARV. Aujourd’hui, les membres de sa famille peuvent lui rappeler quand il doit prendre ses médicaments. Maintenant qu’il commence à aller mieux, il veut à nouveau plus s’impliquer dans le football.

Rencontrer des gens qui parlent ouvertement de leur séropositivité et qui la vivent de manière positive a été une expérience extrêmement enrichissante. Cela m’a convaincue que lutter contre le VIH, ce n’est pas seulement pouvoir se soigner aux ARV, c’est aussi être capable de conquérir l’aspect mental de cette maladie.

Joanne Sage est une infirmière australienne en poste actuellement à Bulawayo au Zimbabwe. Joanne a rejoint MSF en 2004 et a également travaillé au Soudan et en Ethiopie.

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Mi-Temps: le match contre le sida. Les photos.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

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1/ Le goal pour “tirer un but contre le sida” est installé.

2/ Un passant curieux jette un oeil au programme sur l’affiche.

3/ Dans le jeu symbolique “Tire un but contre le sida”, les participants doivent shooter un ballon en forme de virus du sida.

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4/ Les anciens Diables Rouges arrivent sur la place Flagey, à Bruxelles. L’équipe est composée de Leo Van der Elst, Marc Van der Linden, Danny Boffin, Philip Desmet et Georges Grün.

5/ Séance de photos avec Leo Van der Elst.

6/ Les anciens Diables Rouges reviennent sur la place Flagey, habillés cette fois d’un maillot MSF.

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7/ Une dernière photo avec un fan avant le match.

8/ Antoine, de Médecins Sans Frontières, en grande discussion avec Georges Grün juste avant le coup d’envoi.

9/ Le match démarre!

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10/ Les supporters sont au rendez-vous.

11/ Une interview pendant la mi-temps.

12/ La chaleur est étouffante. Le match est légèrement raccourci pour épargner les joueurs. Score final: 7-5 pour les Diables Rouges. Pas mal du tout!

Photos: Arthur Eranosian

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Les hirondelles du Zimbabwe : favoris du tournoi MSF ?

arv-swallows-4-person-team-photo.JPGDès le début de la Coupe du monde 2010, l’équipe du Brésil et ses vedettes était favorite et couve toujours aujourd’hui l’espoir d’atteindre la finale et de soulever le trophée. En parallèle, c’est une solide équipe venue du Zimbabwe qui est l’une des favorites du tournoi de football Half-Time! de Médecins Sans Frontières en Afrique du Sud, dont le coup d’envoi était donné à Newtown Park, Johannesburg, ce vendredi 2 juillet.
Les ARV Swallows (Hirondelles), une équipe féminine de la municipalité d’Epworth, près de Harare, arrive en Afrique du Sud avec un palmarès impressionnant : elles ont gagné le championnat de la ligue VIH de leur pays et sont très motivées pour gagner également ici vendredi. Pour faire prendre conscience à tous de la dure bataille pour la poursuite du financement de la lutte contre le VIH/sida, des malades atteints du virus et des personnels de MSF venant de quatre pays d’Afrique Australe prendront part à Half-Time! Six équipes participent au tournoi afin de mettre à la une l’urgence toujours posée par l’épidémie de VIH/sida.
Les ARV Swallows ont été créées en 2009 par un groupe de femmes séropositives suivant un traitement à la clinique MSF d’Epworth. Elles ont décidé de former une équipe de football pour combattre deux idées reçues: que le VIH représente une condamnation à mort, et que les femmes ne savent pas jouer au football. Cette année les ARV Swallows se sont retrouvées face à un autre défi: faire comprendre au monde que l’épidémie de VIH/sida n’est pas terminée et que son traitement nécessite un financement assuré. Pour cela, elles ont dû faire quelques compromis: l’équipe a été réduite de onze à cinq joueurs, et un homme, leur coach Jonas Kapaska, a rejoint leurs rangs afin que les conditions de mixité requises pour les équipes participant à Half-Time! soient remplies.
“China” est le surnom de Janet Mpalume, l’attaquante vedette des ARV Swallows.
C’était son rêve de jouer à l’étranger et ce rêve se réalisera cette semaine à Johannesburg. “Nous nous entraînons aussi dur que nous pouvons et je suis sûre que nous allons battre les autres équipes. En jouant au foot, je me sens vivante. Ça me permet de me sentir appréciée et d’être remarquée,” raconte Janet.
Les hirondelles ont certainement les tripes et la volonté de gagner, mais seront-elles capables de faire face à l’opposition de leurs compatriotes des OI Bombers, à celle des HIV Conquerors du Swaziland, des Mambinhas du Mozambique, rapides comme l’éclair, ou des Siyaphila et des Fluconazole Pirates, les espoirs d’Afrique du Sud?


Apprenez tout ce qu’il y a à apprendre sur les équipes et le tournoi en visitant le site www.msf-halftime.info
Pour plus d’information sur les ARV Swallows visitez le site www.thepositiveladiessoccerclub.com

PK Lee, chargée de communication MSF à Johannesburg

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L. Van der Elst: “J’espère qu’on n’oubliera pas l’Afrique du Sud après la CM”

16jun2010-019.jpgL’équipe d’anciens Diables Rouges qui affrontera ce vendredi une équipe de Médecins Sans Frontières, sera menée par Leo Van der Elst, l’homme dont le tir au but avait éliminé l’Espagne et propulsé la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde 1986. Quatre jours avant le match, Leo Van der Elst nous livre sur ce blog son regard sur le match et la campagne « Mi-Temps ».

Comment vous êtes-vous impliqué dans la campagne « Mi-Temps » ?

Leo Van der Elst : Quand on m’a demandé d’organiser un match entre d’anciens internationaux et une équipe de Médecins Sans Frontières dans le cadre de la lutte contre le sida, j’ai immédiatement accepté. J’ai moi-même plusieurs amis séropositifs et j’en parle souvent ouvertement. Je pense que nous ne pouvons pas délaisser la lutte contre le sida : nous n’en sommes qu’à la mi-parcours ! Pourtant, certains « sponsors » envisagent de réduire leurs budgets. On ne peut pas laisser passer cela.

Que représente la Coupe du Monde de football pour un pays comme l’Afrique du Sud, qui est encore confronté à de nombreux problèmes ?

Leo Van der Elst : J’espère qu’ils ne montreront pas seulement le strass et les paillettes autour du football, mais aussi les problèmes, médicaux et autres, qui affectent encore à grande échelle le pays. Certains se sentiront peut-être concernés et voudront contribuer à y remédier. J’espère que l’on n’oubliera pas l’Afrique du Sud après la Coupe du Monde et les problèmes qu’il y a là-bas.

Craignez-vous l’équipe adverse, une équipe de Médecins Sans Frontières motivée et entraînée ou pensez-vous qu’elle sera un peu tendre face à une équipe d’anciens professionnels expérimentés ?

Leo Van der Elst : En fait, on n’y pense pas. On vient surtout avec un esprit positif et pour nous amuser. Et avant tout pour porter le message qu’on n’en est encore qu’à la mi-temps de la lutte contre le sida. Nous ne pouvons pas abandonner ! Mais qui gagnera à la fin ? Nous, évidemment ! :-)))

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