Les Baladins, comme au cinéma

Ambitieux, « 1914, le grand cabaret » marque un tournant dans le travail des Baladins du Miroir. Pour la première fois, Nele Paxinou cède la mise en scène à Gaspar Leclère, qui a rêvé un spectacle mêlant théâtre et cinéma, écrit avec Vincent Zabus. Sous chapiteau à Spa, on sent le public heureux d’être là, de découvrir ou de retrouver la féerie des pionniers du théâtre forain. Toutefois, le récit et le jeu nous ont paru trop fragiles, malgré les intentions douces : mêler la douleur de la Première Guerre mondiale à la dure vie d’un cabaret sans le sou, glisser vers un cinéma à la Méliès et mettre en musique le tout, pour dépeindre nos rêves humains, notre lutte pour un monde meilleur. La scénographie est magique, le film qui conclut est épatant. Le charme pourrait opérer si la direction d’acteurs donnait une vraie fermeté à l’ensemble, mais trop de scènes, composées de façon un peu prévisible, souffrent des faiblesses d’interprétation. Après Shakespeare, Goethe, Molière ou Ghelderode, l’idée est bonne de sortir du répertoire classique. Mais le défi d’écriture est de taille.
LAURENT ANCION

J’ai la mémoire qui planche

CRITIQUE

LAURENT ANCION

Toutes les premières oeuvres contiennent leur part d’autobiographie. Eve Calingaert a mis beaucoup d’elle-même dans « Demain, c’est le printemps », une pièce écrite il y a huit ans. Ce sont des gens que j’ai connus, des expériences que j’ai vécues, explique cette passionnée de culture, fille d’un grand amateur d’art et d’une prof de yoga. Un sacré pedigree, qui la mène aujourd’hui sur les chemins du théâtre, de la calligraphie japonaise, de la danse et de la peinture, après vingt ans de journalisme, au « Soir » notamment. On a plusieurs vies dans une vie, à condition de la vouloir, sourit cette jeune sexagénaire. Et elle a raison d’y croire. Armand Delcampe a succombé au charme de sa deuxième pièce, dont il assure la mise en scène.

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