posté le 20 mars 2009 |
catégorie BRUXELLES, Rideau
De A, comme « apparence », à Z, comme « zapping », l’Abécédaire de Paul Pourveur enfile ses trois tomes, avec la même maîtrise affichée lors de la création à Mons (2006) de la première version (de A à H).
La formidable équipe féminine d’origine retrouve ses tabourets en pourtour d’une arène en creux, plus condensée qu’à Mons, pour se lover entre ses deux gradins de spectateurs de l’Auditorium Paul Willems (scénographie de Philippe Henry). Tout en imaginant les tomes 2 et 3, l’écrivain a retaillé le premier tome et permuté certaines définitions. Mais l’ensemble, orchestré par Michael Delaunoy, a gardé son pouvoir de fascination et a gagné en clarté. Il y a de la jubilation à jongler avec les maillons de « la chaîne lexicale », à leur donner des voix en ping-pong, des corps qui se rebellent, qui s’écoutent, dans un enchevêtrement de mots clés recouvrant des histoires de l’homme et du monde. L’Abécédaire des temps modernes tient de la grosse pelote dont l’intelligence de la mise en scène et de l’interprétation, vous aide à tirer les fils et à tricoter les intrigues. Qu’un point lâche dans la trame n’est pas impossible, et l’on peut aussi penser que la dernière partie, plus futuriste, épuise un rien ses munitions. Mais ces trois heures de spectacle sont une fête pour l’esprit. Autant dans l’écriture que dans le jeu, les interrogations existentielles du monde contemporain respirent par l’humour, la malice, la sensualité (savoureux détour par un karaoké du Moyen
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