Le piano de Staline

CRITIQUE

Moscou, 1948. Staline réunit auprès de lui son idéologue Jdanov et deux géants de la musique classique : Prokofiev et Chostakovitch. Le dictateur sanguinaire et l’apparatchik comptent bien mettre au pas les compositeurs russes trop modernes à leur goût. Comment peuvent-ils défendre une musique bourgeoise formaliste et intellectuelle ? Pourquoi ne pas composer de belles marches militaires célébrant la grande victoire patriotique, ou des airs simples que le prolétariat pourra fredonner en travaillant ? C’est cette confrontation historique que relate Le piano de Staline de David Pownall.

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Fat Pig

Alors que l’obésité prend des proportions quasi-épidémiques et que les gros sont de plus en plus stigmatisés, Fat Pig de Neil Labute aborde cette quesiton de front.

CRITIQUE

Qui n’a pas été choqué par l’idée qu’étudierait Ryanair de faire payer une taxe aux « gros » voyageant sur leurs avions ? Notre société vit ce paradoxe : alors que l’obésité prend des proportions quasi-épidémiques, les gros sont de plus en plus stigmatisés. Fat Pig de Neil Labute aborde de front cette question esthétique qui nous touche tous, de loin ou de près. Jeune cadre, Tom s’éprend de Helen qui a tout pour elle, mais aussi quelques kilos de trop. Intelligente, sexy, Helen séduit Tom mais celui-ci assume difficilement les rondeurs de sa compagne, jusqu’à cacher leur relation à ses collègues de travail, Carter et Jeannie. Ces derniers, véritables langues de vipère, finiront par détruire ce qui aurait pu être une belle histoire d’amour sur une île déserte.

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Biographie de la faim

Amélie Nothomb est contente. Elle a raison. Son roman est intelligemment adapté.

critique

Une balançoire, du sable ocre rouge, une intimité nocturne, une mélodie chantée, un livre entre les mains d’une comédienne, et une belle et troublante photo d’Amélie Nothomb enfant : une première image qui cristallise l’enfance, l’ailleurs, l’écrit et le jeu. Ainsi le roman autobiographique Biographie de la faim (2004), mis en scène par Christine Delmotte au théâtre des Martyrs, quitte-t-il les pages pour gagner la scène, avec Jessica Gazon, Stéphanie Blanchoud, Ingrid Heiderscheidt, Nathalie Cornet et Michel Hinderyckx.

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Une « Mort de chien » formidable

critique

 Le Rideau de Bruxelles s’ouvre (enfin) à Philippe Sireuil qui y ose sa première mise en scène de Hugo Claus : un formidable spectacle, porté par sa « famille » d’acteurs : Valérie Bauchau, Janine Godinas, Philippe Jeusette, Bernard Sens et Simon Wauters, des monstres magnifiques qui imposent des silhouettes, des voix tout en gardant intacte leur humanité, aussi ambiguë soit-elle.

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Le corps à corps des « Microfictions »

Théâtre Yan Mercanton en solo au Riches-Claires

Critique

Millepages, 500 histoires indépendantes : ces Microfictions de Régis Jauffret, qui ont atterri comme une bombe sur les tables de l’édition en 2007, sont une vraie jungle où les hommes crèvent leurs sous-sols, hurlent leurs fantasmes les plus cruels, leurs silences, leurs immenses solitudes et giflent les hypocrisies de toute nature. Et c’est atrocement drôle… et glaçant, parce que ces personnages sont pétris de la même glaise que nous, juste poussés hors de leurs gonds bienséants. Le tout est ciselé dans une langue acérée, à la logique et aux chutes imprévisibles !

Face à ce vertige littéraire, Yann Mercanton n’a pas eu froid aux yeux. Le comédien, metteur en scène et scénographe, d’origine suisse mais familier de notre pays, a picoré une quinzaine d’histoires de l’écrivain français, il les a moulées dans son corps de danseur et les a dites, jouées à sa manière un peu précieuse, décalée, un rien exhibitionniste.

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Il était une fois la Belgique

CRITIQUE

Etre né belge, quelle catastrophe ! », disait Michaux. Et pourtant, qu’il est doux ce pays avec ses bières ambrées, sa mer du Nord pour dernier terrain vague et sa drache nationale. Avec ses peï, zot, doef et tof, expressions improbables qui disent tout en un mot. Avec ses chanteurs débraillés (Arno), ses peintres surréalistes (Magritte) et ses esprits fantaisistes (Michaux). Un pays que Patrick Roegiers aime bien et donc châtie, ou plutôt chatouille, bien dans Le mal du pays, adapté au Théâtre Claude Volter sous le titre Il était une fois la Belgique, dans une mise en scène espiègle de Vincent Dujardin.

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Le Petit Poucet et Gilles de Rais

Scènes « Il vint une année très fâcheuse » aux Tanneurs

Un an après « Monelle », Zouzou Leyens livre le second volet d’un diptyque sur la perte de l’enfance. Fascinant et terrifiant.

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Retour erratique vers le futur

Théâtre Au Méridien

CRITIQUE

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Le Bon Dernier

CRITIQUE

Nichée dans les vallons brabançons, Ittre est sans doute l’écrin approprié pour accueillir le Bon Dernier de Pierre Guyaut-Genon et son curé de campagne pittoresque.

Quinze ans après la création, Léonil Mc Cormick reprend le rôle et endosse la soutane et le béret du prêtre Baudouin Jadoul. Suit une heure trente du quotidien touchant, monotone et austère de l’homme d’Église.

Baptêmes, enterrements et mariages, repas en solitaire, promenades avec son chien et conversations avec ses ouailles rythment lentement ses journées. Un Don Camillo du Borinage avec plus de nostalgie que d’ironie.

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Après la fin

CRITIQUE

Une attaque nucléaire a eu lieu. Dehors, on imagine l’apocalypse, le nuage toxique, les corps brûlés. Mais Mark et Louise sont en sûreté dans un abri antiatomique. Raillé jadis par ses collègues pour sa paranoïa, Mark est bien content à présent d’avoir prévu ce refuge avec vivres, couvertures et même un jeu de Donjons & Dragons au cas où. Aujourd’hui, le jeune homme timide et maladroit partage son bunker avec Louise, dont il est depuis longtemps secrètement amoureux. Dans une atmosphère oscillant entre légèreté et claustrophobie, ce huis clos va vite prendre des allures de thriller psychologique à mesure que les vivres s’amenuisent et que les masques tombent.

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